26 JANVIER 2008
BENJAMIN DARBELET / L'EQUIPE DE FRANCE
Pas vraiment en marge de l'équipe de
France, mais pas
non plus au coeur de la vie des Bleus. Benjamin DARBELET ne conçoit plus, pour l'heure, d'évoluer dans un moule qu'il dit ne pas lui correspondre.
" En bref, j'ai du mal à comprendre le mode de fonctionnement que nous propose l'encadrement. On fait des trucs usants, biscornus, alors que le judo c'est simple. Le staff est trop
scientifique, il utilise beaucoup trop l'ordinateur."
Déboussolé par les menus proposés, Benji se prépare désormais à l'INSEP et à l'Institut national du Judo,
pour "la baston", à LEVALLOIS, son club, "tous les mercredis", à la salle de fitness Vit'Halles de Nation pour "la muscu et le
cardio".
Monté sur tous les podiums des Championnats continentaux depuis 2003, DARBELET se dit aujourd'hui "plus fort que
jamais".
Réalité due à un nouvel équilibre, impression trompeuse ?
"Tout ce que je peux constater, répond Patrick ROSSO, le
responsable du secteur masculin de l'Equipe de France, c'est que Benjamin était, il y a 5 ans, lorsqu'il gagnait les "Europe", l'un des plus gros
bosseurs du groupe, et qu'il fait partie, depuis quelques temps, de ceux qui travaillent le moins. Je lui dois cette vérité."
La vérité. La franche communication. Un exercice qui devra primer entre les 2 hommes d'ici aux Jeux. Et ce, afin d'applanir les différends, des attitudes ou des mots
malheureux qui ont émaillé leurs relations depuis près de 2 ans. Des pans de leur histoire commune, dont la plus sombre demeure le stupide accident de voiture de Benji en juin
dernier, lors d'un stage à BOURG SAINT MAURICE.
"Une connerie" (virée nocturne non autorisée) que Benjamin résume comme telle avant
d'enchaîner "On m'a trop vite jugé, çà a été la goutte d'eau. Pendant 2 jours, je me suis d'ailleurs dit que ma carrière allait s'arrêter
là."
Des paroles amères d'un champion qui se doit, à TBILISSI comme au prochain Tournoi de PARIS, de marquer des points dans une catégorie (-66kg) toujours
pas à l'abri d'une absence aux Jeux. Pour son compte personnel, aussi, grandement menacé qu'il est, en France par le très prometteur Sébastien BERTHELOT.
"Les portes sont ouvertes", explique Brigitte DEYDIER, la DTN, à l'évocation de la concurrence. Avant de
poursuivre: "Benjamin doit réintégrer l'Equipe de France à 100%. On va voir, mais on ne dérogera pas à cette
règle. Dans le cas contraire, on devra malheureusement se passer de lui. Tout le monde nous envie L'INSEP, le regroupement permanent de l'élite. Les étrangers, viennent nous visiter pour çà, pour
ce vivier de champions. Benjamin, il a le même objectif que nous"
En clair, celui de décrocher des lauriers au plus haut niveau. Des
récompenses qui lui ont toujours échappé. En grande partie, selon lui, en raison du féroce régime qu'il avait suivi dans l'optique des Jeux de 2004 pour lesquels il avait été titularisé en
-60kg. "Physiquement, physiologiquement, çà m'a coûté 2 ou 3 années de galère" explique t-il
Médaillé d'argent des Championnats du Monde 2007 en septembre à RIO (Benji ne s'y était pas classé), Anthony RODRIGUEZ (-81kg) éclaire, à
propos de son pote et de ses considérations:
"DARBE est un super judoka. Mais, aujourd'hui, a-t-il envie de se faire suffisamment mal à la gueule pour rivaliser avec ce qui se fait de mieux au
monde ? La prépa du Brésil a été dure. Différente des précédentes, mais très dure. Et je pense qu'il faut continuer dans cette voie là. Si tu as confiance en celui qui le propose, çà
marche."
Qu'il s'agisse de Christian CHAUMONT, son professeur de club ("Il faut l'aiguiller,dialoguer avec lui et faire en sorte
qu'il ne s'écoute pas) de Patrick ROSSO ("Il est en difficulté, il faut l'aider. Toutes les mains lui sont
tendues") ou d'autres, tous les discours sont à l'unisson lorsqu'il s'agit d'évoquer l'un des plus gros potentiels du Judo français.
En attendant, Benjamin se doit de frapper fort, aujourd'hui en GEORGIE et au Tournoi de PARIS.
L'EQUIPE le 26 janvier, OLLIVIER BIENFAIT.