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Le 27 août 2011
Audrey TCHEUMEO, une sacrée faucheuse
Champion olympique 1984 des -78kg, l’Allemand Frank WIENEKE s’étonne : « Où a-t-on pu dénicher une athlète comme elle ? » Quant à
l’Américaine Kayla HARRISON, championne du monde 2010 des -78kg, elle confesse s’endormir parfois en pensant à cette Française dont elle se dit « convaincue qu’elle sera
l’une des grandes championnes de notre époque ». Vainqueur cette année du Tournoi de PARIS, puis lauréate des Championnats d’EUROPE avant de remporter les Mondiaux, Audrey
TCHEUMEO délie les langues et commence à désespérer celles qui songent à entraver son ascension hypersonique.
La famille TCHEUMEO est un casse-tête pour la plupart des généticiens qui se refusent à admettre la notion de don. Si l’on se range volontiers à leurs côtés, il faut bien admettre qu’il y a du mystère dans ce clan : Christian EBWEA-BILE, le père, a joué avec les Lions indomptables de Roger MILLA quand Marceline TCHEUMEO-TCHATO, la mère, a évolué en équipe nationale de handball. Si Audrey profité de leurs aptitudes sportives, elle n’est pas la seule de la famille. Antoinette NANA DJIMOU, sa demi-sœur, est la meilleure heptathlonienne française actuelle (championne d’EUROPE 2011 en salle).
« En un an, elle a énormément progressé dans la capacité à maintenir un effort à haut
pourcentage », applaudit Fred ROUALEN, le préparateur physique, à son propos. En clair, là où elle pouvait tenir quarante-cinq secondes sur un rameur à sa puissance
maximale, elle est désormais capable de tenir une minute trente à cette même intensité. « Aujourd’hui, Audrey a la capacité cardio-vasculaire pour exprimer tout son
talent durant 5 minutes et plus si nécessaire, reprend ROUALEN. Maintenant, le moteur est au
niveau du châssis et du pilote, pour faire
une métaphore un peu facile. »
Après avoir déraciné l’Allemande Heide WOLLERT, championne d’EUROPE 2008, sur de-ashi-barai (un fauchage de jambe), Audrey TCHEUMEO a utilisé cette même technique pour mettre un terme à sa finale contre Akari OGATA (la numéro 1 japonaise), à deux minutes du « gong ». « À un moment, j’ai reçu un électrochoc ! OGATA m’agressait sans cesse et je me suis dit : « Ce n’est pas normal, je me fais maltraiter, il faut que ça s’arrête. » Je me suis relevée et je me suis fâchée ! »
Ce mouvement de base, inscrit au programme des ceintures orange (3e des 7 niveaux de judo), la sociétaire de VILLEMOMBLE a commencé à le travailler vraiment en avril, à l’issue des Championnats d’EUROPE. « Elle le fait super bien à gauche comme à droite », commente l’entraîneur national, Cathy FLEURY.
Etourdissant, quand on sait qu’il faut en général au moins deux ans pour parfaitement maîtriser une technique. « Je l’ai sentie, je l’ai lancée, ça a marché », résume celle qui avoue s’inspirer volontiers du judo tout en sensations de Lucie DECOSSE. « J’aime bien ce mouvement, reprend « Tchoumi », même si je sais que je peux encore progresser dessus. »
Article de L’EQUIPE du 27 août 2011